Un sourire à vous fendre le c½ur, un sourire à vous fendre l'âme.
Son sourire, je ne l'ai pas aperçu tout de suite. Je pense même qu'il a été le début de la fin pour nous. Je sais, c'est bête à dire mais de lui j'aimais son air éternellement mélancolique et rêveur. Quelque part, au fond de moi, j'ai toujours su que s'il ne souriait pas c'est parce qu'il avait encore besoin de moi. J'avais encore mon rôle à jouer; celui de l'aider à retrouver goût à la gaîté. A force d'avoir trop sourit à une vie qui l'avait brisée, il avait perdu l'envie et la force d'étirer les commissures de ses lèvres.
Moi, ça m'arrangeait bien cette absence de marque de bonheur. Bien sûr, je l'aimais mais j'avais depuis toujours été contrainte de sourire pour un oui et pour un non, pour ne pas être obligée de fournir une explication à mes torrents d'eau salé.
De cette façon, nous nous complétions. L'air bravache et le regard éteint, nous nous aimions et nous savions que la désillusion de l'amour ne pourrait au moins pas nous enlever notre air de joie, puisque nous le gardions enfouit tout au fond de nous.
Pourtant, par un beau matin d'été, il m'a sourit. Ce fût le plus beau et le dernier souvenir que j'ai gardé de lui.
Son bonheur ainsi étalé m'a fait comprendre que j'avais peur de le connaître à mon tour et je me suis enfouie, comme à mon habitude. Si je m'éteins demain, c'est son sourire que je veux voir comme dernière image, c'est le sourire de mon seul et unique amour que je veux voir s'étaler devant mes yeux.
Texte By me

